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- Monsieur Bloom (1978-1981 / 2007)
Paris (6, rue Pétel puis 92, rue Blomet, 75015). (240x180).
Dir. : Franck Venaille
6 numéros dont 1 double (n° 4-5) en 5 livraisons du n° 1 (juin 1978) au n° 6 (mai 1981) + le n° 7 (2007)

Part. : Mathieu Bénézet, Lou Bernardo [Franck Venaille], Jean-Pierre Bertrand, Patrick Beurard-Valdoye, Daniel Biga, Marc Blanchet, Yves Buin, William Cliff, Fabienne Courtade, Marc Dachy, Jacqueline Dauriac, Bernard Delvaille, Jacques Estager, Jochen Gerz, Emmanuel Hocquard, Charles Juliet, Olivier Kaepplein, Peter Klasen, Dominique Labarrière, Emmanuel Laugier, Hubert Lucot, Jean-Pierre Milovanoff, Jacques Monory, Emmanuel Moses, Georges Perec, Raquel, Alain-Christophe Restrat, Maurice Roche, Umberto Saba, Alain Veinstein, Frank Venaille, Jan Voss, …
Trad. : Jean-Baptiste Para (U. Saba), N. Robelin (J. Gerz), …
Ill. : Mohror, Jacques Monory, Raquel, Jan Voss, …
Phot. : Christian Boltanski, Maya Klasen, Jacques Monory, Franck Venaille, …

Bibl. : [ISSN : 0220-5599. Impresoffset (Vanves). Pagination continue, couv. comprise.
La notice de la BnF indique un n° 7 (1982) inconnu ...
Cf. une autre revue dirigée par Franck Venaille (1936-. . . .) :
- Chorus (1961-1974).

Reprenant à son compte la méthode critique que le poète Umberto Saba mena sur son œuvre dans Storia e cronistoria del Canzoniere en parlant de lui à la troisième personne, Venaille écrit : « C’est au moment où il fréquente assidûment l’atelier de la maison d’édition Orange Export Ltd et où son chemin voisine, dans le Bulletin Orange Export Ltd, avec ceux de Pascal Quignard, Anne-Marie Albiach, Alain Veinstein, Jean Daive, Claude-Royet-Journoud, Mathieu Bénézet, Hubert Lucot, André du Bouchet et Roger Laporte, que Franck Venaille, après avoir longuement réfléchi aux tentations de la "nudité de la lettre" (Anne-Marie Albiach) décide de lancer, seul, une revue. L’idée lui en est probablement venue à Malakoff, le dimanche soir, dans l’atelier du peintre Raquel, au cours de ces réunions "très joyeuses et studieuses" (Emmanuel Hocquard). Dès le numéro 1 de Monsieur Bloom (titre sans ambigüités quant à ses références littéraires), l’énigmatique Lou Bernardo côtoie Hubert Lucot ainsi que des avis de recherche, des rapports de police (la langue à l’état brut ?) et des images, une imagerie plutôt) rapportées de New York. La revue se présente comme : un lieu clos de création où des œuvres et des écrivains interrogent les formes du réel. Nous ne sommes pas loin de chorus mais, cette fois-ci, l’univers de la revue est soigneusement centré sur soi, sur l’écriture qui la compose. Voici donc une sorte de laboratoire du langage où seront conviés : Hubert Lucot, Emmanuel Hocquard, William Cliff, Mathieu Bénézet, Alain-Christophe Retrat, Georges Pérec, Alain Veinstein, Jacques Estger, Jean-Pierre Milovanoff, Dominique Labarière, Maurice Roche, d’autres encore, dont Yves Buin et Daniel Biga. Oui chorus n’est pas loin (la présence de Klasen, Monory, Jacqueline Dauriac, Jan Voss notamment le confirme) mais l’écriture est mise en avant, mise en accusation parfois, mise en cause avec obstination. Lou Bernardo intervient trois fois. Il est évident que la revue tourne autour de lui. […]. Lou Bernardo a publié dans : chorus, Monsieur Bloom et l’Energumène avant de disparaître. D’entrée de jeu, Venaille n’a brouillé aucune piste, écrivant, déclarant : "Lou Bernardo, c’est moi !" ».

(Franck Venaille, « Ouverture », in Capitaine de l’angoisse animale. Une anthologie 1966-1977, Obsidiane / Le Temps qu’il fait, « Les Analectes », 1998, p. 15-16).

« MONSIEUR BLOOM PRÉFÈRE LES ROGNONS DE MOUTON AU GRIL, est-ce pour cela que, dès le départ, en 1978, Monsieur Bloom est une revue à laquelle "on ne s'abonne pas" ? La formule revient dans chacun des cinq numéros : Fiction quadrillée (1) - L'espace mental (2) - De mémoire (3) - Pages d'écriture (4/5) - Fragments (6). Pour moi, c'est une manière que j’espère élégante de fixer les règles du jeu - on ne s'abonne pas parce que le destin de toute revue, par définition est précaire, mais également parce que la langue l'est aussi. À sa manière c'est ce que laisse entendre Joyce. Il nous faut donc loyalement envisager l'idée que toute littérature naît blessée, souffrant pourquoi pas de boulimie ! Intéressons-nous donc aux goûts culinaires de M. Leopold Bloom qui se nourrissait avec délectation des organes internes des mammifères et des oiseaux. Il aimait une épaisse soupe d’abattis, les gésiers au goût de noisette, un cœur rôti avec sa farce, des tranches de foie frites dans la chapelure, des œufs de morue rissolés. Par-dessus tout il aimait les rognons de mouton au gril qui flattaient ses papilles gustatives d'une légère saveur au léger parfum d'urine. Le réalisme joycien s'exprime là dans ces quelques lignes d'Ulysse, les premières où notre héros apparaît. Joyce ne le décrit pas. Il souligne une attirance. Elle aurait pu être purement sexuelle. Elle l’est, mais à sa manière, en s’en prenant d'emblée à la totalité interne du corps. C'est ce que j’ai voulu réaliser dans cette revue. Dès le numéro 1 la chair apparait dans N.Y.C. Porno, la chair et la pensée usée par l'âge qui oblige à passer par les avis de recherche pour retrouver des êtres disparus dans la ville. Tout cela est réel, extrait de journaux, puis réécrit inlassablement. La ville et l'écriture. La mémoire et l’écriture. L’espace mental et l'écriture. Voilà ce qui va être la ligrw esthétique d'une revue définie comme : un lieu clos de création où des œuvres et des écritures interrogent des formes du réel. Sommes-nous si loin que cela des gésiers au goût de noisette ? La suite du repas va de soi. J’invite dans Monsieur Bloom des écrivains et des artistes à qui je laisse toute liberté pour remplir le nombre de pages sur lequel nous nous sommes mis d'accord. Raquel joue avec le blanc et l'espace. Jean-Pierre Bertrand fait circuler des photos non représentatives de Buenos Aires. Jan Voss propose des interventions "enfantines". Les écrivains, eux, s’expriment au nom d’une "liberté contemporaine" permettant de tout dire. Des noms ? Maurice Roche, Mathieu Bénézet, Hubert Lucot, Daniel Biga, Georges Pérec, Alain Veinstein, William Cliff, Bernard Delvaille. Pour ceux-là l’écriture doit posséder ce léger parfum d'urine qu'évoque M. Leopold Bloom. Tout cela a tenu en 210 pages. Plus tard j'ai eu souvent l'idée de continuer l'aventure, donc de bouger dans la ville. Ce qu'à sa manière M. Leopold Bloom, courtier de Dublin, accomplit, ce 16 juin 1904 ».
(Franck Venaille, C’est nous les modernes, Flammarion, 2010)

Cf. Éditions Monsieur Bloom.
- Pierre Morhange, Le désespoir clamant, Monsieur Bloom, 1983
- Lou Bernardo [Franck Venaille], La procession des Pénitents, Monsieur Bloom, 1983, 52 p.
- Jacques Monory, Quick, Monsieur Bloom, 1985

[Arsenal : 8-JO-24076] [BnF : 8- JO- 20962]

Monsieur-Bloom01.jpeg
- Monsieur Bloom, n° 1, juin 1978 [28 p.] / « Fiction quadrillée »
n.s. [Franck Venaille], "A 19 heures trente j’ai pris mon service au poste central…" (p. 2-5),
n.s. [Franck Venaille], Avis de recherche (p. 6-7),
n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°1… (p. 9),
***, New York Citiy porno (p. 10-11),
n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°2… (p. 12),
Jacques Monory, Ma voiture en Californie [phot.] (p. 13-17),
Lou Bernardo [Franck Venaille], 25 polaroids pris dans la nuit du 8 au 9 mars 1978 (p. 18-22),
n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°3… (p. 23),
Hubert Lucot, Trois phrases (pour une nouvelle approche de "Phanées les Nuées" (p. 24-27).
Phot. : Jacques Monory.
Note(s) :
« A 19 heures 30 / j’ai pris mon service / au poste central. / Dès mon arrivée / l’Officier de Police Principal / m’a chargé d’effectuer une ronde ».
- n.s. [Franck Venaille], Avis de recherche (p. 6-7) [page déchirée d’Ulysse de Joyce montage « M. Bloom se baissa et retourna un bout de papier … Avec son bout de bois M. Bloom taquina
Mais quoi ?
JE. / Dès demain quelque plat passera »
- Lou Bernardo [Franck Venaille], 25 polaroids pris dans la nuit du 8 au 9 mars 1978 (p. 18-22) [une note précise : « Lou Bernardo : né en 1936 à Atlantic City. Vit en Europe depuis quatre ans. A publié dans L’Ernergumène et dans Chorus ».
- « Il peut dire que les ouvrages suivants : Misère de la littérature (Première Livraison, C. Bourgois), J. Joyce Ulysse, U. Saba, Ernesto + Trieste et un poète, G. Bataille, L’érotisme, V. Penrose, Erzsebet Bathory, La comtesse sanglante, G. Deleuze, Présentation de Sacher Masoch, Sainte Thérèse d’Avila, Le chemin de la perfection, G. Perec, Je me souviens, M. Foucault, L’archéologie du savoir, E. Hoquecart, Album d’images de la villa d’Harris. / Posés actuellement sur leur tranche et installés sur la gauche de son bureau l’ont aidé à mener à bien cet état n° 1 de la fiction quadrillée commencée autrefois dans la revue : chrorus » (n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°1… (p. 9).

- Monsieur Bloom, n° 2, septembre 1978 [28 p. / p. 29-57] / « L’espace mental »
n.s. [Franck Venaille], "loin si loin de tout ce qu’il nomma plus tard silence des dunes…" (p. 30),
Franck Venaille, "De quoi est fait un livre ? Quel est son corps ?…" (p. 32-33),
Raquel (entretien avec Franck Venaille), De panne, ce jour-là, dans la lumière sereine (p. 34-37),
Mathieu Bénézet, Qu’est-ce que commencer ? (p. 38-41),
Emmanuel Hocquard, Une journée dans le détroit (p. 44-45),
William Cliff, Journal d’un collégien (fragments) (p. 47-49),
Peter Klasen, [4 montages] (p. 50-53),
Alain-Christophe Restrat, Off (p. 54-55).
Phot. : Franck Venaille (p. 31, 42-43, 46), Maya Klasen (p. 50-53).
Note(s) :
« De quoi est fait / un livre ? / Quel est son corps ? / D’où vient sa langue ? / Oui d’où viennent les / mots qui des années durant / l’ont fait naître ? »
« Un lieu clos où des œuvres et des écritures interrogent les formes du réel ».

- Monsieur Bloom, n° 3, mars 1979 [50 p. / p. 58-108] / « De mémoire »
n.s. [Franck Venaille], "Scène capitale. Description d’un lieu-dit arraché aux ténèbres…" (p. 58),
Lou Bernardo [Franck Venaille], Histoire de Jack-to-Jack (p. 60-64),
Jean-Pierre Bertrand, Buenos Aires, 1973 [phot.] (p. 66-71),
Georges Perec (entretien avec Franck Venaille), Perec le contraire de l’oubli (p. 72-75),
Jacques Estager, La procession à soi (p. 77-81),
Jacqueline Dauriac, Jacqueline Dauriac oublie [2 p. hors texte papier calque] (p. 82-83), 
Dominique Labarrière, Solstice (p. 84-85),
n.s. [Franck Venaille], "allée de gravier tranquille alors nos pas y faisaient crac…" (p. 86-87),
Maya Klasen, 2 phot. (autoportraits ?) (p. 88-89),
Jean-Pierre Milovanoff, Ange autrefois (p. 90-92),
***, [2 phot. d’équipes de footballeurs dédicacées] (p. 93),
Alain Veinstein, Poèmes [4 extraits de Corps en dessous, Clivages] (p. 94-96),
Alain Veinstein, Les mots se souviennent (p. 97-99),
Jochen Gerz, La difficulté du centaure à descendre de cheval. Pièces grecques # 5 (p. 101-106).
Franck Venaille, "alors avec ce mélodrame avec orchestre et chœurs…" (p. 107).
Trad. : N. Robelin (J. Gerz).
Phot. : Franck Venaille (p. 59) / Maya Klasen (p. 108).
Note(s) :
« Souvenirs qu’il extrait / qu’à grand-peine / j’en crèverai – il arrache la vie n’est / pas n’est + / sa vie n’est pas celle ici / décrite / pourtant elle est : autre »

- Monsieur Bloom, n° 4-5, mai 1980 [ / p. 109-156] / « Pages d’écriture »
n.s. [Franck Venaille], "À la naissance l’enfant crie, exprime ainsi plaisir et douleur…" (p. 110 et 112),
Bernard Delvaille, Afin de ne pas être seul (p. 114-116),
Olivier Kaepplein, Palais Royal (p. 117),
Maurice Roche, Danse [À Catherine Thieck] (p. 118-131),
Marc Dachy, Phot. de lettres envoyées à James Joyce à Dublin, Trieste, Passy, Zurich et retournées par la poste [éd. Traséditions] (p. 132-133),
Franck Venaille, Jan Voss, Dominique Labarrière, Écrire. Dialogue (p. 134-155).
Ill. : Jan Voss (p. 111).
Note(s) :
« Les mots sont enfermés / bien au chaud / mais certains donnent des / coups de pieds à la mère poésie / alors quand on la voit passer / se tenant le ventre / elle nous dégoûte »
-  Où il est question de Lou Bernardo : « Ce n’est pas moi ! Écoute, il arrive qu’à certains moments, à la suite d’une sorte d’enchevêtrement d’événements et de pensées contradictoires, on soit amené à accomplir un acte qu’un temps, disons plus ordinaire, on n’aurait pas effectué. Cela se passe souvent la nuit. Ensuite, au réveil, ce qui domine, c’est une sorte d’incrédulité devant ses propres actions… » (p. 148).

- Monsieur Bloom, n° 6, mai 1981 [54 p. 157-210] / « Fragments »
n.s. [Franck Venaille], "Fragment…" [déf du dictionnaire et détournement avec ajout extrait de Franck Venaille après et de Racine] (p. 158),
[Annonce de l’exposition Jan Voss Galerie Maeght] (p. 159),
Maurice Roche, "Chaque année, à pareille époque,…" (p. 160-163),
Lou Bernardo [Franck Venaille], Cinq poèmes (p. 164-168),
Yves Buin, "[…] on voit souvent le psychiatre comme dans les films américains…" (p. 169-175),
n.s., "Fragment…" [déf. du dictionnaire et détournement avec ajout extrait de Bénézet] (p. 176),
Franck Venaille, "Ce n’est pas encore la mort. C’est une heure incertaine…" [Manuscrit-pages 1A-12] (p. 177-184),
Daniel Biga, "Une femme a marché à mes côté…" (p. 185),
Raquel, composition de page en page (p. 187-190),
n.s., "Fragment…" [déf. du dictionnaire et détournement] (p. 191),
Olivier Kaepplein, Poèmes [7] (p. 192-197),
Hubert Lucot, "Je ne choisi pas mes mots…" (p. 198-209),
[Annonce Franck Venaille, Jack-to-Jack (Luneau Ascot)] (p. 210).
Ill. : Raquel.
Note(s) : 
« Ce qui reste de / Morceau / d’une chose, d’un / être, d’une existence. / Fragments : manière de concevoir / l’écriture / pour restituer ainsi le / caractère heurté, déchiré / de toute fiction »
- Olivier Kaepplein, Poèmes [7] (p. 192-197), [comprenant : Invisible... / Accueille-moi / À peine si tu entends / oublie ta fatigue / Tragique est la vie / Tout ce qui se conjugue / Progresser],

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- Monsieur Bloom, n° 7, juin 2007 [40 p. / p. 156-207] / « Danser la vie »
n.s. [Franck Venaille], La dernière valse (p. 156-161),
Frank Venaille, Fabienne Courtade : une poétique des profondeurs (p. 162-163),
Fabienne Courtade, Échelle des cascades (p. 164-172),
Frank Venaille, Emmanuel Moses, tel un rideau que le vent fait bouger (p. 173-174),
Emmanuel Moses, L’animal (p. 175-181),
Frank Venaille, Patrick Beurard-Valdoye à la recherche des langues (p. 182-183),
Patrick Beurard-Valdoye, Le saule solitaire de Saeftinghe (p. 184-186),
Frank Venaille, Rapide, vif, Emmanuel Laugier très rapide (p. 187-188),
Emmanuel Laugier, Le tour de l’île (p. 189-193),
Mohror, Photo (p. 194),
Umberto Saba, Cinq poèmes pour le jeu de football (p. 187 190),
Marc Blanchet, Valse triste [À Franck Venaille et Jean Sibelius] (p. 199-203),
n.s. [Franck Venaille], Photo (p. 204),
Franck Venaille, Je travaille avec des mots sans âge (p. 205-206).
Jacques Monory, Étude pour Meurte n° 10 (1968) (p. 207).
Trad. : Jean-Baptiste Para (U. Saba).
Ill. : Christian Boltanski (phot.), Mohror, Franck Venaille (phot.), Jacques Monory.
Note(s) : Publié au sein du dossier Venaille de la revue Europe (n° 938-939, juin-août 2007).

- Monsieur Bloom (1978-1981 / 2007)
Paris (6, rue Pétel puis 92, rue Blomet, 75015). (240x180).
Dir. : Franck Venaille
6 numéros dont 1 double (n° 4-5) en 5 livraisons du n° 1 (juin 1978) au n° 6 (mai 1981) + le n° 7 (2007)

Part. : Mathieu Bénézet, Lou Bernardo [Franck Venaille], Jean-Pierre Bertrand, Patrick Beurard-Valdoye, Daniel Biga, Marc Blanchet, Yves Buin, William Cliff, Fabienne Courtade, Marc Dachy, Jacqueline Dauriac, Bernard Delvaille, Jacques Estager, Jochen Gerz, Emmanuel Hocquard, Charles Juliet, Olivier Kaepplein, Peter Klasen, Dominique Labarrière, Emmanuel Laugier, Hubert Lucot, Jean-Pierre Milovanoff, Jacques Monory, Emmanuel Moses, Georges Perec, Raquel, Alain-Christophe Restrat, Maurice Roche, Umberto Saba, Alain Veinstein, Frank Venaille, Jan Voss, …
Trad. : Jean-Baptiste Para (U. Saba), N. Robelin (J. Gerz), …
Ill. : Mohror, Jacques Monory, Raquel, Jan Voss, …
Phot. : Christian Boltanski, Maya Klasen, Jacques Monory, Franck Venaille, …

Bibl. : [ISSN : 0220-5599. Impresoffset (Vanves). Pagination continue, couv. comprise.
La notice de la BnF indique un n° 7 (1982) inconnu ...
Cf. une autre revue dirigée par Franck Venaille (1936-. . . .) :
- Chorus (1961-1974).

Reprenant à son compte la méthode critique que le poète Umberto Saba mena sur son œuvre dans Storia e cronistoria del Canzoniere en parlant de lui à la troisième personne, Venaille écrit : « C’est au moment où il fréquente assidûment l’atelier de la maison d’édition Orange Export Ltd et où son chemin voisine, dans le Bulletin Orange Export Ltd, avec ceux de Pascal Quignard, Anne-Marie Albiach, Alain Veinstein, Jean Daive, Claude-Royet-Journoud, Mathieu Bénézet, Hubert Lucot, André du Bouchet et Roger Laporte, que Franck Venaille, après avoir longuement réfléchi aux tentations de la "nudité de la lettre" (Anne-Marie Albiach) décide de lancer, seul, une revue. L’idée lui en est probablement venue à Malakoff, le dimanche soir, dans l’atelier du peintre Raquel, au cours de ces réunions "très joyeuses et studieuses" (Emmanuel Hocquard). Dès le numéro 1 de Monsieur Bloom (titre sans ambigüités quant à ses références littéraires), l’énigmatique Lou Bernardo côtoie Hubert Lucot ainsi que des avis de recherche, des rapports de police (la langue à l’état brut ?) et des images, une imagerie plutôt) rapportées de New York. La revue se présente comme : un lieu clos de création où des œuvres et des écrivains interrogent les formes du réel. Nous ne sommes pas loin de chorus mais, cette fois-ci, l’univers de la revue est soigneusement centré sur soi, sur l’écriture qui la compose. Voici donc une sorte de laboratoire du langage où seront conviés : Hubert Lucot, Emmanuel Hocquard, William Cliff, Mathieu Bénézet, Alain-Christophe Retrat, Georges Pérec, Alain Veinstein, Jacques Estger, Jean-Pierre Milovanoff, Dominique Labarière, Maurice Roche, d’autres encore, dont Yves Buin et Daniel Biga. Oui chorus n’est pas loin (la présence de Klasen, Monory, Jacqueline Dauriac, Jan Voss notamment le confirme) mais l’écriture est mise en avant, mise en accusation parfois, mise en cause avec obstination. Lou Bernardo intervient trois fois. Il est évident que la revue tourne autour de lui. […]. Lou Bernardo a publié dans : chorus, Monsieur Bloom et l’Energumène avant de disparaître. D’entrée de jeu, Venaille n’a brouillé aucune piste, écrivant, déclarant : "Lou Bernardo, c’est moi !" ».

(Franck Venaille, « Ouverture », in Capitaine de l’angoisse animale. Une anthologie 1966-1977, Obsidiane / Le Temps qu’il fait, « Les Analectes », 1998, p. 15-16).

« MONSIEUR BLOOM PRÉFÈRE LES ROGNONS DE MOUTON AU GRIL, est-ce pour cela que, dès le départ, en 1978, Monsieur Bloom est une revue à laquelle "on ne s'abonne pas" ? La formule revient dans chacun des cinq numéros : Fiction quadrillée (1) - L'espace mental (2) - De mémoire (3) - Pages d'écriture (4/5) - Fragments (6). Pour moi, c'est une manière que j’espère élégante de fixer les règles du jeu - on ne s'abonne pas parce que le destin de toute revue, par définition est précaire, mais également parce que la langue l'est aussi. À sa manière c'est ce que laisse entendre Joyce. Il nous faut donc loyalement envisager l'idée que toute littérature naît blessée, souffrant pourquoi pas de boulimie ! Intéressons-nous donc aux goûts culinaires de M. Leopold Bloom qui se nourrissait avec délectation des organes internes des mammifères et des oiseaux. Il aimait une épaisse soupe d’abattis, les gésiers au goût de noisette, un cœur rôti avec sa farce, des tranches de foie frites dans la chapelure, des œufs de morue rissolés. Par-dessus tout il aimait les rognons de mouton au gril qui flattaient ses papilles gustatives d'une légère saveur au léger parfum d'urine. Le réalisme joycien s'exprime là dans ces quelques lignes d'Ulysse, les premières où notre héros apparaît. Joyce ne le décrit pas. Il souligne une attirance. Elle aurait pu être purement sexuelle. Elle l’est, mais à sa manière, en s’en prenant d'emblée à la totalité interne du corps. C'est ce que j’ai voulu réaliser dans cette revue. Dès le numéro 1 la chair apparait dans N.Y.C. Porno, la chair et la pensée usée par l'âge qui oblige à passer par les avis de recherche pour retrouver des êtres disparus dans la ville. Tout cela est réel, extrait de journaux, puis réécrit inlassablement. La ville et l'écriture. La mémoire et l’écriture. L’espace mental et l'écriture. Voilà ce qui va être la ligrw esthétique d'une revue définie comme : un lieu clos de création où des œuvres et des écritures interrogent des formes du réel. Sommes-nous si loin que cela des gésiers au goût de noisette ? La suite du repas va de soi. J’invite dans Monsieur Bloom des écrivains et des artistes à qui je laisse toute liberté pour remplir le nombre de pages sur lequel nous nous sommes mis d'accord. Raquel joue avec le blanc et l'espace. Jean-Pierre Bertrand fait circuler des photos non représentatives de Buenos Aires. Jan Voss propose des interventions "enfantines". Les écrivains, eux, s’expriment au nom d’une "liberté contemporaine" permettant de tout dire. Des noms ? Maurice Roche, Mathieu Bénézet, Hubert Lucot, Daniel Biga, Georges Pérec, Alain Veinstein, William Cliff, Bernard Delvaille. Pour ceux-là l’écriture doit posséder ce léger parfum d'urine qu'évoque M. Leopold Bloom. Tout cela a tenu en 210 pages. Plus tard j'ai eu souvent l'idée de continuer l'aventure, donc de bouger dans la ville. Ce qu'à sa manière M. Leopold Bloom, courtier de Dublin, accomplit, ce 16 juin 1904 ».
(Franck Venaille, C’est nous les modernes, Flammarion, 2010)

Cf. Éditions Monsieur Bloom.
- Pierre Morhange, Le désespoir clamant, Monsieur Bloom, 1983
- Lou Bernardo [Franck Venaille], La procession des Pénitents, Monsieur Bloom, 1983, 52 p.
- Jacques Monory, Quick, Monsieur Bloom, 1985

[Arsenal : 8-JO-24076] [BnF : 8- JO- 20962]

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- Monsieur Bloom, n° 1, juin 1978 [28 p.] / « Fiction quadrillée »
n.s. [Franck Venaille], "A 19 heures trente j’ai pris mon service au poste central…" (p. 2-5),
n.s. [Franck Venaille], Avis de recherche (p. 6-7),
n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°1… (p. 9),
***, New York Citiy porno (p. 10-11),
n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°2… (p. 12),
Jacques Monory, Ma voiture en Californie [phot.] (p. 13-17),
Lou Bernardo [Franck Venaille], 25 polaroids pris dans la nuit du 8 au 9 mars 1978 (p. 18-22),
n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°3… (p. 23),
Hubert Lucot, Trois phrases (pour une nouvelle approche de "Phanées les Nuées" (p. 24-27).
Phot. : Jacques Monory.
Note(s) :
« A 19 heures 30 / j’ai pris mon service / au poste central. / Dès mon arrivée / l’Officier de Police Principal / m’a chargé d’effectuer une ronde ».
- n.s. [Franck Venaille], Avis de recherche (p. 6-7) [page déchirée d’Ulysse de Joyce montage « M. Bloom se baissa et retourna un bout de papier … Avec son bout de bois M. Bloom taquina
Mais quoi ?
JE. / Dès demain quelque plat passera »
- Lou Bernardo [Franck Venaille], 25 polaroids pris dans la nuit du 8 au 9 mars 1978 (p. 18-22) [une note précise : « Lou Bernardo : né en 1936 à Atlantic City. Vit en Europe depuis quatre ans. A publié dans L’Ernergumène et dans Chorus ».
- « Il peut dire que les ouvrages suivants : Misère de la littérature (Première Livraison, C. Bourgois), J. Joyce Ulysse, U. Saba, Ernesto + Trieste et un poète, G. Bataille, L’érotisme, V. Penrose, Erzsebet Bathory, La comtesse sanglante, G. Deleuze, Présentation de Sacher Masoch, Sainte Thérèse d’Avila, Le chemin de la perfection, G. Perec, Je me souviens, M. Foucault, L’archéologie du savoir, E. Hoquecart, Album d’images de la villa d’Harris. / Posés actuellement sur leur tranche et installés sur la gauche de son bureau l’ont aidé à mener à bien cet état n° 1 de la fiction quadrillée commencée autrefois dans la revue : chrorus » (n.s. [Franck Venaille], Fiction/Quadrille/Etat/N°1… (p. 9).

- Monsieur Bloom, n° 2, septembre 1978 [28 p. / p. 29-57] / « L’espace mental »
n.s. [Franck Venaille], "loin si loin de tout ce qu’il nomma plus tard silence des dunes…" (p. 30),
Franck Venaille, "De quoi est fait un livre ? Quel est son corps ?…" (p. 32-33),
Raquel (entretien avec Franck Venaille), De panne, ce jour-là, dans la lumière sereine (p. 34-37),
Mathieu Bénézet, Qu’est-ce que commencer ? (p. 38-41),
Emmanuel Hocquard, Une journée dans le détroit (p. 44-45),
William Cliff, Journal d’un collégien (fragments) (p. 47-49),
Peter Klasen, [4 montages] (p. 50-53),
Alain-Christophe Restrat, Off (p. 54-55).
Phot. : Franck Venaille (p. 31, 42-43, 46), Maya Klasen (p. 50-53).
Note(s) :
« De quoi est fait / un livre ? / Quel est son corps ? / D’où vient sa langue ? / Oui d’où viennent les / mots qui des années durant / l’ont fait naître ? »
« Un lieu clos où des œuvres et des écritures interrogent les formes du réel ».

- Monsieur Bloom, n° 3, mars 1979 [50 p. / p. 58-108] / « De mémoire »
n.s. [Franck Venaille], "Scène capitale. Description d’un lieu-dit arraché aux ténèbres…" (p. 58),
Lou Bernardo [Franck Venaille], Histoire de Jack-to-Jack (p. 60-64),
Jean-Pierre Bertrand, Buenos Aires, 1973 [phot.] (p. 66-71),
Georges Perec (entretien avec Franck Venaille), Perec le contraire de l’oubli (p. 72-75),
Jacques Estager, La procession à soi (p. 77-81),
Jacqueline Dauriac, Jacqueline Dauriac oublie [2 p. hors texte papier calque] (p. 82-83), 
Dominique Labarrière, Solstice (p. 84-85),
n.s. [Franck Venaille], "allée de gravier tranquille alors nos pas y faisaient crac…" (p. 86-87),
Maya Klasen, 2 phot. (autoportraits ?) (p. 88-89),
Jean-Pierre Milovanoff, Ange autrefois (p. 90-92),
***, [2 phot. d’équipes de footballeurs dédicacées] (p. 93),
Alain Veinstein, Poèmes [4 extraits de Corps en dessous, Clivages] (p. 94-96),
Alain Veinstein, Les mots se souviennent (p. 97-99),
Jochen Gerz, La difficulté du centaure à descendre de cheval. Pièces grecques # 5 (p. 101-106).
Franck Venaille, "alors avec ce mélodrame avec orchestre et chœurs…" (p. 107).
Trad. : N. Robelin (J. Gerz).
Phot. : Franck Venaille (p. 59) / Maya Klasen (p. 108).
Note(s) :
« Souvenirs qu’il extrait / qu’à grand-peine / j’en crèverai – il arrache la vie n’est / pas n’est + / sa vie n’est pas celle ici / décrite / pourtant elle est : autre »

- Monsieur Bloom, n° 4-5, mai 1980 [ / p. 109-156] / « Pages d’écriture »
n.s. [Franck Venaille], "À la naissance l’enfant crie, exprime ainsi plaisir et douleur…" (p. 110 et 112),
Bernard Delvaille, Afin de ne pas être seul (p. 114-116),
Olivier Kaepplein, Palais Royal (p. 117),
Maurice Roche, Danse [À Catherine Thieck] (p. 118-131),
Marc Dachy, Phot. de lettres envoyées à James Joyce à Dublin, Trieste, Passy, Zurich et retournées par la poste [éd. Traséditions] (p. 132-133),
Franck Venaille, Jan Voss, Dominique Labarrière, Écrire. Dialogue (p. 134-155).
Ill. : Jan Voss (p. 111).
Note(s) :
« Les mots sont enfermés / bien au chaud / mais certains donnent des / coups de pieds à la mère poésie / alors quand on la voit passer / se tenant le ventre / elle nous dégoûte »
-  Où il est question de Lou Bernardo : « Ce n’est pas moi ! Écoute, il arrive qu’à certains moments, à la suite d’une sorte d’enchevêtrement d’événements et de pensées contradictoires, on soit amené à accomplir un acte qu’un temps, disons plus ordinaire, on n’aurait pas effectué. Cela se passe souvent la nuit. Ensuite, au réveil, ce qui domine, c’est une sorte d’incrédulité devant ses propres actions… » (p. 148).

- Monsieur Bloom, n° 6, mai 1981 [54 p. 157-210] / « Fragments »
n.s. [Franck Venaille], "Fragment…" [déf du dictionnaire et détournement avec ajout extrait de Franck Venaille après et de Racine] (p. 158),
[Annonce de l’exposition Jan Voss Galerie Maeght] (p. 159),
Maurice Roche, "Chaque année, à pareille époque,…" (p. 160-163),
Lou Bernardo [Franck Venaille], Cinq poèmes (p. 164-168),
Yves Buin, "[…] on voit souvent le psychiatre comme dans les films américains…" (p. 169-175),
n.s., "Fragment…" [déf. du dictionnaire et détournement avec ajout extrait de Bénézet] (p. 176),
Franck Venaille, "Ce n’est pas encore la mort. C’est une heure incertaine…" [Manuscrit-pages 1A-12] (p. 177-184),
Daniel Biga, "Une femme a marché à mes côté…" (p. 185),
Raquel, composition de page en page (p. 187-190),
n.s., "Fragment…" [déf. du dictionnaire et détournement] (p. 191),
Olivier Kaepplein, Poèmes [7] (p. 192-197),
Hubert Lucot, "Je ne choisi pas mes mots…" (p. 198-209),
[Annonce Franck Venaille, Jack-to-Jack (Luneau Ascot)] (p. 210).
Ill. : Raquel.
Note(s) : 
« Ce qui reste de / Morceau / d’une chose, d’un / être, d’une existence. / Fragments : manière de concevoir / l’écriture / pour restituer ainsi le / caractère heurté, déchiré / de toute fiction »
- Olivier Kaepplein, Poèmes [7] (p. 192-197), [comprenant : Invisible... / Accueille-moi / À peine si tu entends / oublie ta fatigue / Tragique est la vie / Tout ce qui se conjugue / Progresser],

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- Monsieur Bloom, n° 7, juin 2007 [40 p. / p. 156-207] / « Danser la vie »
n.s. [Franck Venaille], La dernière valse (p. 156-161),
Frank Venaille, Fabienne Courtade : une poétique des profondeurs (p. 162-163),
Fabienne Courtade, Échelle des cascades (p. 164-172),
Frank Venaille, Emmanuel Moses, tel un rideau que le vent fait bouger (p. 173-174),
Emmanuel Moses, L’animal (p. 175-181),
Frank Venaille, Patrick Beurard-Valdoye à la recherche des langues (p. 182-183),
Patrick Beurard-Valdoye, Le saule solitaire de Saeftinghe (p. 184-186),
Frank Venaille, Rapide, vif, Emmanuel Laugier très rapide (p. 187-188),
Emmanuel Laugier, Le tour de l’île (p. 189-193),
Mohror, Photo (p. 194),
Umberto Saba, Cinq poèmes pour le jeu de football (p. 187 190),
Marc Blanchet, Valse triste [À Franck Venaille et Jean Sibelius] (p. 199-203),
n.s. [Franck Venaille], Photo (p. 204),
Franck Venaille, Je travaille avec des mots sans âge (p. 205-206).
Jacques Monory, Étude pour Meurte n° 10 (1968) (p. 207).
Trad. : Jean-Baptiste Para (U. Saba).
Ill. : Christian Boltanski (phot.), Mohror, Franck Venaille (phot.), Jacques Monory.
Note(s) : Publié au sein du dossier Venaille de la revue Europe (n° 938-939, juin-août 2007).

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Date de création : 27/08/2015 11:31
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