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- Écrire (1956-1967)
« Premières œuvres publiées sous la direction de Jean Cayrol aux éditions du Seuil »
Paris. Éditions du Seuil. In-12 (190x140), br. /
Dir. : Jean Cayrol
15 numéros en 15 livraisons du n° 1 (octobre 1956) au n° 15 (1967)

Part. : Jean Abraham [Jean-Pierre Abraham], Alain Albert, Claude Alexis, [Fernand de Jacquelot de] Boisrouvray, Jean Burgos, Michel Carvallo, Jean Cayrol, Jean Chalon, Jean Chatard, Ange Christine [ ?], Gérard Clérot, Françoise Collin, Jacques Coudol, Manuel Crespo, Bernard Darley, Emmanuel Delahaye, Raoul Devaille, Donalbain [Pierre Guyotat], Jacques Engelmann, Geneviève Dormann, Claude Durand, Jean-Pierre Faye, Michel d’Hermies, Claude Durand, Francis Fabre, Jean-Pierre Faye, Eva Farago [Arbaney], Joël Frémiot, Rosine Gueugniaud, Michel Jourdain, François Jousselin, Vincent Kerno, Jean-Paul Lambert, Jean Linnemer, Juan Penalver Laserna, Anne Laurent, Jacques Louvière, Béatrice Mabilais, Michel Maxence, Raymond Mirande, Paul Perrey, Marcel Pleynet [Marcellin Pleynet], Anne-Marie de Queffelec, Annette Raynaud, Maurice Regnaut, Denis Roche, Fernande Schulmann, Louis Sermaise, Philippe Sollers, Raphaël Sorin, Dominique Tassel, Daniel Tougard, Yves Véquaud, François Volclair, …
Ill. (phot. de couv.) : Henriette Grindat, Chris. Marker, …

Bibl. : [ISSN : 1778-6614.
Cf. les autres revues dirigées par Jean Cayrol (1911-2005) :
- Abeilles et Pensées (1927-1928)
Cf. Éditions du Seuil.
- « La vocation singulière de cette nouvelle revue est la publication exclusive de premiers textes, la découverte d’auteurs encore inconnus, … »
(Philippe Forest).

- « Recruté en 1949 comme conseiller éditorial dans la maison de la rue Jacob, il y fonde et dirige pendant dix ans, de 1956 à 1966, la revue Écrire et la collection du même nom, consacrées à la publication de premiers textes. Si la revue disparaît en 1965, la collection, elle, poursuit son activité durant quelques années. Jean Cayrol en assure encore la direction durant un an, puis la confie à Claude Durand, auteur lui-même issu d’Écrire. La collection s’arrête à son tour en 1969. En dix ans, Cayrol aura donc décidé de la publication de 41 auteurs, Claude Durand étant responsable des 18 suivants.
[…] En 1956, la première, intitulée "Le coin de table" inaugure le principe de la revue-collection en en présentant le projet. Jean Cayrol y légitime son entreprise en adressant des reproches à une certaine pratique éditoriale : "Faire qu’un auteur soit définitif, tel est le projet, l'ambition de certains croquants des oeuvres anciennes et contemporaines". A l’inverse de cette tendance, l'éditeur d’"Ecrire" se propose de nous donner à voir la fabrique de la littérature contemporaine et de nous faire assister à la naissance des écrivains.
Deux ans plus tard, dans Écrire 5, Cayrol propose un nouveau texte, «Mal à propos», de portée plus nettement critique. Il y déplore la docilité ou plutôt la rouerie des jeunes écrivains qui, pour ne pas rebuter les éditeurs, leur offrent ce qu'ils attendent, quitte à se trahir eux-mêmes. Là où Cayrol entendait porter au grand jour toute une littérature clandestine, il découvre des auteurs sans révolte. Ce constat, il le résume d’une phrase : selon lui, ces jeunes auteurs «collabore[nt] pacifiquement à l'histoire littéraire ». Et l'on devine de quel poids de condamnation une telle formule est porteuse lorsqu'elle est énoncée par un ancien résistant.
En 1966, enfin, lors de la disparition de la revue, un dernier texte, "Ecrire change de formule", est chargé de légitimer la poursuite de la collection. Cayrol en appelle de manière plus insistante que les fois précédentes à la responsabilité du lecteur, censé participer à "l’invention d'un jeune écrivain".
Si chacune de ces déclarations a donc sa cible privilégiée (l'éditeur d'abord, le jeune auteur ensuite, le lecteur enfin), toutes ont pourtant en commun le rejet de l’œuvre achevée, du produit, au profit de l'oeuvre en formation, c'est-à-dire du procès. Les implications de ce principe éditorial ne sont pas négligeables : la collection est donc vouée à éditer des textes qui sont naturellement présentés comme des ébauches puisqu'ils doivent permettre à un auteur de faire ses premiers pas.
A posteriori, les auteurs d’"Ecrire" eux-mêmes parleront souvent sans ménagement des textes publiés dans la collection. Claude Durand, dont le premier texte, Le Plat du jour, composé à dix-huit ans, fut publié dans «Ecrire», rend hommage au travail d'éditeur de Cayrol en ces termes: «Il fallait évidemment quelqu'un pour animer ça qui se dévoue complètement à lire des textes, des bredouillis d’adolescents, qui les fasse travailler, qui sache reconnaître dans un manuscrit nul de 80 pages, la page qui signale un écrivain »
(Marie-Laure Basuyaux).

- Anne Simonin (IMEC), Dictionnaire des Lettres Françaises. Le XXe siècle, p. 393-394
- Philippe Forest, Histoire de Tel Quel (1960-1982), Seuil, 1995, p. 13-19
- Gérard Mauger, « Jean Cayrol », in Modalités et conditions d’accès aux univers artistiques, MSH, 2006
- Marie-Laure Basuyaux, « Jean Cayrol et la collection Écrire : de l’écriture blanche à l’écriture verte », site Fabula
- Manuel de Diéguez, « Les apprentissages de Boisrouvray dans "Écrire 6" »
[BnF : (comme coll.) ]

1956
Ecrire01.jpg
- Écrire, n° 1, octobre 1956 [n.p.]
Jean Cayrol, Le coin de table [11 p.],
Béatrice Mabilais, Les sauterelles [46 p.],
Michel d’Hermies, Poèmes [12 p.],
Louis Sermaise, Louise [66 p.],
Emmanuel Delahaye, Poèmes [13 p.],
Jean Abraham [Jean-Pierre Abraham], Le vent [44 p.].
Note(s) :
« Béatrice Mabilais : Né le 4 novembre 1933, de 1939 à 1945 vit à La Chapelle-Gaugain. Est renvoyée successivement du Collège Sainte-Marie de Neuilly et du Lycée La Fontaine. Exerce différents métiers sans succès. Se marie. Vit actuellement à Paris et fait des traductions d’anglais. Les Sauterelles on été écrites en avril-mai 1953. ».
 « Michel d’Hermies : Né le 20 août 1924 à Lille. Études à Paris. Professeur de Philosophie. Écrit des nouvelles ».
« Louis Sermaise : Né le 6 août 1932 à Paris. En 1942, entre au Lycée Concordet ; sa santé assez fragile le conraint à ne fréquenter que sparodiquement les classes jusqu’en 1946. Durant trois ans, il prépare au Lycée Henri IV l’Ecole Normale Supérieure, réussissant dans l’intervalle la licence en droit que suivit le Doctorat. Il se destine à l’agrégation de droit. C’est en 1935 qu’il acheva son  premier roman Louise ».
« Emmanuel Delahaye : Né le 14 décembre 1896. Camarde de classe  et de banc de Jacques Vaché. Brevet de pilote civil d’avion (juillet 1914). Pilote d’escadrille durant la guerre. Puis réforme en 1917. Longue maladie. Depuis plus de quatorze ans, gardien de nuit ».
« Jean Abraham : Né à Nantes le 10 février 1936. A vécu dans le Morbihan. Poursuit une licence de lettres à Paris ».
« […] Mais je dois me détourner maintenant, et poursuivre ma route dans le trèfle. D’abord, il me faut gravir, à l’extrêmité de la prairie, ce talus splendide tout herissé de vents contraires, et qui oscille au dessus des cultures. Ce n’est pas le vertige qui me fait trembler, mais l’immobilité des haies n’a jamais fini de me surprendre. Des arbres au feuillage compact déferlent sous mes yeux, des oiseaux s’élèvent des champs et montent jusqu’à ma hauteur pour respirer. L’herbe s’incline vivement sous les rafales.
J’ai choisi mon heure afin de ne rencontrer personne. Car si l’on me questionnait, que pourrai-je répondre ? Je vais simplement me promener dans la campagne et tout peut arriver. Au milieu de ces bois et de ces plaines désertes se cachent peut-être des paysages lumineux, et les horizons que l’on imagine depuis toujours. Il est agréable de marcher avec ce simple espoir.
Je suis bien seul. Tous ceux que des occupations surannées appellnet par ici sont passées dpuis longtemps. J’ai tout de meêm aperçu l’ancien capitaine au long cours qui vient chaque matin lire son journal au revers du talus, en pleine lumière. J’ai vu son béret et son imperméable e cuir luisant.
Enfin la lande grise s’étale devant moi, entrecoupée de ruisseaux. L’horizon s’arrondit sous le soleil. Et je n’ai jamais vu un ciel aussi criblé. »
(Jean Abraham, Le vent, Écrire, n° 1, octobre 1956, p. 3-4 ; repris in J.-P. Abraham, Le vent, Le Tout sur le Tout, 1990).

1957
- Écrire, n° 2, 1957 [n.p.]
Geneviève Dormann, La première pierre [57 p.],
Raymond Mirande, Poèmes [13 p.],
Eva Farago [Arbaney], La ville aux yeux morts [83 p.],
Marcel Peynet [Marcellin Pleynet], Poèmes [13 p.].

- Écrire, n° 3, octobre 1957 [148 p.]
Jacques Engelmann, Les amphigourdiens,
Jean-Pierre Faye, Poèmes,
Michel Carvallo, Éveille-toi Nicolas,
Jean Chatard, Poèmes,
Philippe Sollers, Le défi.

1958
- Écrire, n° 4, 1958 [n.p.]
Fernande Schulmann, Bidules
Paul Perrey, Poèmes,
Juan Penalver Laserna, Le soleil enterré / Les enfants du professeur de grec,
Maurice Regnaut, La chambre à four.

- Écrire, n° 5, 1958 [ p.]
Jean Cayrol, Mal à propos,
Anne Laurent, La Feuilleraie [58 p.],
Jean Linnemer, Les jours de pluie,
François Jousselin, Les indolents.

1959
- Écrire, n° 6, 1959 [ p.]
[Fernand de Jacquelot de] Boisrouvray, Autre chose,
Françoise Collin, Poèmes,
Gérard Clérot, La tentative,
Claude Durand, Le plat du jour.
- Écrire, n° 7, 1959 [ p.]
Jacques Coudol, Le Paradis,
Jean-Paul Lambert, Jalons.

1960
- Écrire, n° 8, 1960 [ p.]
Jean Chalon, Le mauvais genre,  
Alain Albert, L’horaire,
Michel Maxence, Le regard et la mort / Périples / Les contours [78 p.].

1961
- Écrire, n° 9, [juin] 1961 [ p.]
Raoul Devaille, Ce jour perplexe,
Vincent Kerno, Rivage de silence,
Rosine Gueugniaud, Dans la vallée de Josaphat [76 p.].

Ecrire10.jpg
- Écrire, n° 10, 4e trim. 1961 [n.p. / 220 p.]
Donalbain [Pierre Guyotat], Sur un cheval [48 p.],
Jean Burgos, Le morosophe suivi de L’hydre [52 p.],
Ange Christine, Tellement quellement [pour Edwige] [68 p.],
Yves Véquaud, Le monsieur imaginaire [octobre 1960] [50 p.].
Note(s) :
« Donalbain : Né en 1940 dans un village du Centre. Enfnace campagnarde. Adolescence collégienne. À dix-neuf ans, monte à Apis, écrit son premier roman. Actuellement sous les drapeaux en Algérie. Un roman en prépération : la Neige. ».
« Jean Burgos : Né en 1929 à Chambéry (Savoie). Etudes de psychologie et de philosophie à Grenoble et Paris. Prépare une thèse de doctorat. L’Hydre et Le Morosophe sont tirés d’un recueil d’Anamorphoses écrit entre 1954 et 1958 ».
« Ange Chrsitine : Né à Besançon, en 1938. Surveillant d’externat durant trois ans. Achève une licence (lettre modrenes). Prépare un roman : L’amour de l’amour ».
« Yves Véquaud : Né le 5 septembre 1938 à Paris. Etudes secondaires. Suit les cours de Sorbonne-Lettres irrégulièrement. Prend le parti d’être mauvais étudiant pour écrire à l’aise. Est depuis trois ans chargé de cours dans un lycée privé de Paris ».

1962

- Écrire, n° 11, 1962 [n.p.]
Jean Cayrol, Écrire change de formule,
Raphaël Sorin, Serge à trois temps,
Denis Roche, Forestière Amazonide,
Claude Alexis, L’Interdiction ou le sommeil d’Antiope.

1963
- Écrire, n° 12, 1963 [n.p.]
Jacques Louvière, Gallien, [46 p.],
Anne-Marie de Queffelec, Un homme qui me ressemble [74 p.],

Michel Jourdain, Triste nouvelle.

- Écrire, n° 13, [avril] 1963 [n.p.]
Annette Raynaud, Le passe-misère,
Manuel Crespo, Le géant vert.

1964
- Écrire, n° 14, [avril] 1964 [n.p.]
Bernard Darley, Le chien de laine,
François Volclair, Comme un serpent heureux,
Dominique Tassel, La roue sous les tempes.

1965

- Écrire, n° 15, 1965 [n.p.]
Francis Fabre, Images de l’obscurcissemont,
Joël Frémiot, Poèmes,
Daniel Tougard, Le Havre, la nuit.

- Écrire (1956-1967)
« Premières œuvres publiées sous la direction de Jean Cayrol aux éditions du Seuil »
Paris. Éditions du Seuil. In-12 (190x140), br. /
Dir. : Jean Cayrol
15 numéros en 15 livraisons du n° 1 (octobre 1956) au n° 15 (1967)

Part. : Jean Abraham [Jean-Pierre Abraham], Alain Albert, Claude Alexis, [Fernand de Jacquelot de] Boisrouvray, Jean Burgos, Michel Carvallo, Jean Cayrol, Jean Chalon, Jean Chatard, Ange Christine [ ?], Gérard Clérot, Françoise Collin, Jacques Coudol, Manuel Crespo, Bernard Darley, Emmanuel Delahaye, Raoul Devaille, Donalbain [Pierre Guyotat], Jacques Engelmann, Geneviève Dormann, Claude Durand, Jean-Pierre Faye, Michel d’Hermies, Claude Durand, Francis Fabre, Jean-Pierre Faye, Eva Farago [Arbaney], Joël Frémiot, Rosine Gueugniaud, Michel Jourdain, François Jousselin, Vincent Kerno, Jean-Paul Lambert, Jean Linnemer, Juan Penalver Laserna, Anne Laurent, Jacques Louvière, Béatrice Mabilais, Michel Maxence, Raymond Mirande, Paul Perrey, Marcel Pleynet [Marcellin Pleynet], Anne-Marie de Queffelec, Annette Raynaud, Maurice Regnaut, Denis Roche, Fernande Schulmann, Louis Sermaise, Philippe Sollers, Raphaël Sorin, Dominique Tassel, Daniel Tougard, Yves Véquaud, François Volclair, …
Ill. (phot. de couv.) : Henriette Grindat, Chris. Marker, …

Bibl. : [ISSN : 1778-6614.
Cf. les autres revues dirigées par Jean Cayrol (1911-2005) :
- Abeilles et Pensées (1927-1928)
Cf. Éditions du Seuil.
- « La vocation singulière de cette nouvelle revue est la publication exclusive de premiers textes, la découverte d’auteurs encore inconnus, … »
(Philippe Forest).

- « Recruté en 1949 comme conseiller éditorial dans la maison de la rue Jacob, il y fonde et dirige pendant dix ans, de 1956 à 1966, la revue Écrire et la collection du même nom, consacrées à la publication de premiers textes. Si la revue disparaît en 1965, la collection, elle, poursuit son activité durant quelques années. Jean Cayrol en assure encore la direction durant un an, puis la confie à Claude Durand, auteur lui-même issu d’Écrire. La collection s’arrête à son tour en 1969. En dix ans, Cayrol aura donc décidé de la publication de 41 auteurs, Claude Durand étant responsable des 18 suivants.
[…] En 1956, la première, intitulée "Le coin de table" inaugure le principe de la revue-collection en en présentant le projet. Jean Cayrol y légitime son entreprise en adressant des reproches à une certaine pratique éditoriale : "Faire qu’un auteur soit définitif, tel est le projet, l'ambition de certains croquants des oeuvres anciennes et contemporaines". A l’inverse de cette tendance, l'éditeur d’"Ecrire" se propose de nous donner à voir la fabrique de la littérature contemporaine et de nous faire assister à la naissance des écrivains.
Deux ans plus tard, dans Écrire 5, Cayrol propose un nouveau texte, «Mal à propos», de portée plus nettement critique. Il y déplore la docilité ou plutôt la rouerie des jeunes écrivains qui, pour ne pas rebuter les éditeurs, leur offrent ce qu'ils attendent, quitte à se trahir eux-mêmes. Là où Cayrol entendait porter au grand jour toute une littérature clandestine, il découvre des auteurs sans révolte. Ce constat, il le résume d’une phrase : selon lui, ces jeunes auteurs «collabore[nt] pacifiquement à l'histoire littéraire ». Et l'on devine de quel poids de condamnation une telle formule est porteuse lorsqu'elle est énoncée par un ancien résistant.
En 1966, enfin, lors de la disparition de la revue, un dernier texte, "Ecrire change de formule", est chargé de légitimer la poursuite de la collection. Cayrol en appelle de manière plus insistante que les fois précédentes à la responsabilité du lecteur, censé participer à "l’invention d'un jeune écrivain".
Si chacune de ces déclarations a donc sa cible privilégiée (l'éditeur d'abord, le jeune auteur ensuite, le lecteur enfin), toutes ont pourtant en commun le rejet de l’œuvre achevée, du produit, au profit de l'oeuvre en formation, c'est-à-dire du procès. Les implications de ce principe éditorial ne sont pas négligeables : la collection est donc vouée à éditer des textes qui sont naturellement présentés comme des ébauches puisqu'ils doivent permettre à un auteur de faire ses premiers pas.
A posteriori, les auteurs d’"Ecrire" eux-mêmes parleront souvent sans ménagement des textes publiés dans la collection. Claude Durand, dont le premier texte, Le Plat du jour, composé à dix-huit ans, fut publié dans «Ecrire», rend hommage au travail d'éditeur de Cayrol en ces termes: «Il fallait évidemment quelqu'un pour animer ça qui se dévoue complètement à lire des textes, des bredouillis d’adolescents, qui les fasse travailler, qui sache reconnaître dans un manuscrit nul de 80 pages, la page qui signale un écrivain »
(Marie-Laure Basuyaux).

- Anne Simonin (IMEC), Dictionnaire des Lettres Françaises. Le XXe siècle, p. 393-394
- Philippe Forest, Histoire de Tel Quel (1960-1982), Seuil, 1995, p. 13-19
- Gérard Mauger, « Jean Cayrol », in Modalités et conditions d’accès aux univers artistiques, MSH, 2006
- Marie-Laure Basuyaux, « Jean Cayrol et la collection Écrire : de l’écriture blanche à l’écriture verte », site Fabula
- Manuel de Diéguez, « Les apprentissages de Boisrouvray dans "Écrire 6" »
[BnF : (comme coll.) ]

1956
Ecrire01.jpg
- Écrire, n° 1, octobre 1956 [n.p.]
Jean Cayrol, Le coin de table [11 p.],
Béatrice Mabilais, Les sauterelles [46 p.],
Michel d’Hermies, Poèmes [12 p.],
Louis Sermaise, Louise [66 p.],
Emmanuel Delahaye, Poèmes [13 p.],
Jean Abraham [Jean-Pierre Abraham], Le vent [44 p.].
Note(s) :
« Béatrice Mabilais : Né le 4 novembre 1933, de 1939 à 1945 vit à La Chapelle-Gaugain. Est renvoyée successivement du Collège Sainte-Marie de Neuilly et du Lycée La Fontaine. Exerce différents métiers sans succès. Se marie. Vit actuellement à Paris et fait des traductions d’anglais. Les Sauterelles on été écrites en avril-mai 1953. ».
 « Michel d’Hermies : Né le 20 août 1924 à Lille. Études à Paris. Professeur de Philosophie. Écrit des nouvelles ».
« Louis Sermaise : Né le 6 août 1932 à Paris. En 1942, entre au Lycée Concordet ; sa santé assez fragile le conraint à ne fréquenter que sparodiquement les classes jusqu’en 1946. Durant trois ans, il prépare au Lycée Henri IV l’Ecole Normale Supérieure, réussissant dans l’intervalle la licence en droit que suivit le Doctorat. Il se destine à l’agrégation de droit. C’est en 1935 qu’il acheva son  premier roman Louise ».
« Emmanuel Delahaye : Né le 14 décembre 1896. Camarde de classe  et de banc de Jacques Vaché. Brevet de pilote civil d’avion (juillet 1914). Pilote d’escadrille durant la guerre. Puis réforme en 1917. Longue maladie. Depuis plus de quatorze ans, gardien de nuit ».
« Jean Abraham : Né à Nantes le 10 février 1936. A vécu dans le Morbihan. Poursuit une licence de lettres à Paris ».
« […] Mais je dois me détourner maintenant, et poursuivre ma route dans le trèfle. D’abord, il me faut gravir, à l’extrêmité de la prairie, ce talus splendide tout herissé de vents contraires, et qui oscille au dessus des cultures. Ce n’est pas le vertige qui me fait trembler, mais l’immobilité des haies n’a jamais fini de me surprendre. Des arbres au feuillage compact déferlent sous mes yeux, des oiseaux s’élèvent des champs et montent jusqu’à ma hauteur pour respirer. L’herbe s’incline vivement sous les rafales.
J’ai choisi mon heure afin de ne rencontrer personne. Car si l’on me questionnait, que pourrai-je répondre ? Je vais simplement me promener dans la campagne et tout peut arriver. Au milieu de ces bois et de ces plaines désertes se cachent peut-être des paysages lumineux, et les horizons que l’on imagine depuis toujours. Il est agréable de marcher avec ce simple espoir.
Je suis bien seul. Tous ceux que des occupations surannées appellnet par ici sont passées dpuis longtemps. J’ai tout de meêm aperçu l’ancien capitaine au long cours qui vient chaque matin lire son journal au revers du talus, en pleine lumière. J’ai vu son béret et son imperméable e cuir luisant.
Enfin la lande grise s’étale devant moi, entrecoupée de ruisseaux. L’horizon s’arrondit sous le soleil. Et je n’ai jamais vu un ciel aussi criblé. »
(Jean Abraham, Le vent, Écrire, n° 1, octobre 1956, p. 3-4 ; repris in J.-P. Abraham, Le vent, Le Tout sur le Tout, 1990).

1957
- Écrire, n° 2, 1957 [n.p.]
Geneviève Dormann, La première pierre [57 p.],
Raymond Mirande, Poèmes [13 p.],
Eva Farago [Arbaney], La ville aux yeux morts [83 p.],
Marcel Peynet [Marcellin Pleynet], Poèmes [13 p.].

- Écrire, n° 3, octobre 1957 [148 p.]
Jacques Engelmann, Les amphigourdiens,
Jean-Pierre Faye, Poèmes,
Michel Carvallo, Éveille-toi Nicolas,
Jean Chatard, Poèmes,
Philippe Sollers, Le défi.

1958
- Écrire, n° 4, 1958 [n.p.]
Fernande Schulmann, Bidules
Paul Perrey, Poèmes,
Juan Penalver Laserna, Le soleil enterré / Les enfants du professeur de grec,
Maurice Regnaut, La chambre à four.

- Écrire, n° 5, 1958 [ p.]
Jean Cayrol, Mal à propos,
Anne Laurent, La Feuilleraie [58 p.],
Jean Linnemer, Les jours de pluie,
François Jousselin, Les indolents.

1959
- Écrire, n° 6, 1959 [ p.]
[Fernand de Jacquelot de] Boisrouvray, Autre chose,
Françoise Collin, Poèmes,
Gérard Clérot, La tentative,
Claude Durand, Le plat du jour.
- Écrire, n° 7, 1959 [ p.]
Jacques Coudol, Le Paradis,
Jean-Paul Lambert, Jalons.

1960
- Écrire, n° 8, 1960 [ p.]
Jean Chalon, Le mauvais genre,  
Alain Albert, L’horaire,
Michel Maxence, Le regard et la mort / Périples / Les contours [78 p.].

1961
- Écrire, n° 9, [juin] 1961 [ p.]
Raoul Devaille, Ce jour perplexe,
Vincent Kerno, Rivage de silence,
Rosine Gueugniaud, Dans la vallée de Josaphat [76 p.].

Ecrire10.jpg
- Écrire, n° 10, 4e trim. 1961 [n.p. / 220 p.]
Donalbain [Pierre Guyotat], Sur un cheval [48 p.],
Jean Burgos, Le morosophe suivi de L’hydre [52 p.],
Ange Christine, Tellement quellement [pour Edwige] [68 p.],
Yves Véquaud, Le monsieur imaginaire [octobre 1960] [50 p.].
Note(s) :
« Donalbain : Né en 1940 dans un village du Centre. Enfnace campagnarde. Adolescence collégienne. À dix-neuf ans, monte à Apis, écrit son premier roman. Actuellement sous les drapeaux en Algérie. Un roman en prépération : la Neige. ».
« Jean Burgos : Né en 1929 à Chambéry (Savoie). Etudes de psychologie et de philosophie à Grenoble et Paris. Prépare une thèse de doctorat. L’Hydre et Le Morosophe sont tirés d’un recueil d’Anamorphoses écrit entre 1954 et 1958 ».
« Ange Chrsitine : Né à Besançon, en 1938. Surveillant d’externat durant trois ans. Achève une licence (lettre modrenes). Prépare un roman : L’amour de l’amour ».
« Yves Véquaud : Né le 5 septembre 1938 à Paris. Etudes secondaires. Suit les cours de Sorbonne-Lettres irrégulièrement. Prend le parti d’être mauvais étudiant pour écrire à l’aise. Est depuis trois ans chargé de cours dans un lycée privé de Paris ».

1962

- Écrire, n° 11, 1962 [n.p.]
Jean Cayrol, Écrire change de formule,
Raphaël Sorin, Serge à trois temps,
Denis Roche, Forestière Amazonide,
Claude Alexis, L’Interdiction ou le sommeil d’Antiope.

1963
- Écrire, n° 12, 1963 [n.p.]
Jacques Louvière, Gallien, [46 p.],
Anne-Marie de Queffelec, Un homme qui me ressemble [74 p.],

Michel Jourdain, Triste nouvelle.

- Écrire, n° 13, [avril] 1963 [n.p.]
Annette Raynaud, Le passe-misère,
Manuel Crespo, Le géant vert.

1964
- Écrire, n° 14, [avril] 1964 [n.p.]
Bernard Darley, Le chien de laine,
François Volclair, Comme un serpent heureux,
Dominique Tassel, La roue sous les tempes.

1965

- Écrire, n° 15, 1965 [n.p.]
Francis Fabre, Images de l’obscurcissemont,
Joël Frémiot, Poèmes,
Daniel Tougard, Le Havre, la nuit.

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Date de création : 25/08/2015 15:19
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